mercredi 4 avril 2018

L'interprétation (possible) du "Big Void", selon David Ian Lightbody


Selon le Dr. David Ian Lightbody, le "Grand Vide" détecté par les campagnes de prospection de #ScanPyramids à l'intérieur de la Grande Pyramide pourrait être le résultat de deux zones contenant de nombreux petits vides de construction de chaque côté de la Grande Galerie.

"The ‘big void’ may in fact be the result of two zones containing many small construction voids which flank the Grand Gallery

Pour prendre connaissance de ce "document de travail" : consultez-le ci-dessous ou cliquez sur ce lien



vendredi 9 mars 2018

Un ouvrage de Marco Virginio Fiorini : "L'Harmonie universelle"

L’architecte italien Marco Virginio Fiorini confie aux lecteurs de “Pyramidales” l’intégralité de son deuxième ouvrage (en version italienne) : L’Armonia universale - Scoperte nelle piramidi le meraviglie di Maat (“L’Harmonie universelle - Les Merveilles de Maat découvertes dans les pyramides”).

Nous proposons ci-dessous une traduction en français de l’introduction de cet ouvrage.
Merci à Marco Virginio Fiorini pour sa confiance et le “privilège” qu’il accorde à “Pyramidales” de se faire ainsi l’écho du fruit de ses nouvelles recherches.


"Pourquoi, quand nous regardons un coucher de soleil aux mille couleurs ou l'horizon de la mer qui s’enflamme à l'aube d'un nouveau jour, sommes-nous émus ? Pourquoi retrouvons-nous la sérénité dans les pétales d'une fleur ou dans le visage d'un enfant ?
Pourquoi restons-nous surpris ou fascinés en observant la parfaite structure en spirale d'une coquille ou celle de certaines plantes telles que le tournesol ou l’ananas ? Pourquoi sommes-nous remplis d’admiration en observant la structure d'une ruche ou celle des cristaux de neige ?
Simplement parce que toutes ces choses que nous considérons sont belles !
"La beauté sauvera le monde", a écrit le grand Fiodor Dostoïevski.
Mais qu'est-ce que la beauté ? La beauté est harmonie.
Alors, qu'est-ce que l'harmonie ? L'harmonie est l'équilibre, c'est-à-dire la proportion, entre divers éléments constituant un tout. Cet ensemble peut être de toute sorte : une image, un objet, une musique, un comportement, ou des quantités telles que les longueurs, les surfaces, les volumes.
Nos questions continuent ...
La beauté est une proportion, d'accord. Mais pourquoi y a-t-il des proportions que nous n'aimons pas ?
C’est là le noeud de la question. Quelles proportions ?
Nous aimons seulement celles qui résonnent en nous, que nous trouvons instinctivement proches de la Nature, qu'elle soit humaine ou extérieure à nous (monde, univers).
À ce stade, il devient important de savoir si nous pouvons connaître les proportions que nous aimons.
Oui, c'est possible.
En des siècles d'observation, l'homme a réussi à comprendre quels sont les critères qui font qu’une proportion nous plaise.
Je suis resté bouche bée quand j'ai réalisé que les Égyptiens eux aussi avaient découvert ces critères.
Je peux l’affirmer : parce qu'ils ont été capables de les reproduire et les utiliser dans leurs œuvres (bâtiments, sculptures, tombes, peintures, ...) de telle manière qu’aujourd’hui, nous restons admiratifs.
Toutes les grandes constructions égyptiennes répondent à ces exigences, y compris, sans aucun doute, les pyramides de Gizeh et en particulier la Grande Pyramide, l’édifice le plus célèbre et le plus étudié de l'histoire, qui contient en lui les paradigmes de ces proportions.
Dans les chapitres qui vont suivre, je vais essayer de vous raconter, de la manière la plus simple possible, comment sa forme et ses dimensions en font une oeuvre absolument extraordinaire et fondamentale, non seulement pour la culture de l'ancienne Égypte, mais pour toute l'histoire de l'architecture universelle.
Nous découvrirons que ses proportions sont les mêmes que celles de notre Univers, de la Terre et de l'Homme.
Tel est le sens du message que les Égyptiens ont voulu nous laisser.
Découvrons-le ensemble.
"


dimanche 25 février 2018

Zakaria Ghoneim, le découvreur de la pyramide de Sekhemkhet

illustration en bas, à droite, d’après wolffchronicles.com
Une vie entièrement consacrée à l’égyptologie, avec notamment une découverte majeure sur le site de Saqqarah… Une vie qui se termine trop tôt, brutalement, tragiquement : tel sera le destin de l’archéologue égyptien Zakaria Ghoneim (1905-1959).


Diplômé en égyptologie de l’Université du Caire en 1934, il est nommé, en 1937, assistant de fouilles au service des Antiquités, chargé de conduire à Saqqarah, sous la direction de son compatriote Selim Hassan, le dégagement de la zone des mastabas située à l’est de la pyramide d’Ounas.
Deux années plus tard, note Ève Gran-Aymerich, “il est envoyé comme inspecteur à Assouan, puis à Edfou et, en 1943, il devient conservateur de la nécropole thébaine, dont il entreprend de redéblayer systématiquement les tombes pour les restaurer. Il retrouve la magnifique tombe de Khérouef et est nommé inspecteur en chef de la Haute-Égypte. À Louqsor, il fait pratiquer, au nord du grand temple, des sondages qui permettent de restituer un vaste parvis avec le départ de l'allée de sphinx au nom du roi Nectanebo. Sur la rive gauche, il dirige le déblaiement de l'importante tombe de Montouemhât, dont il publie les tables d'offrandes en collaboration avec P. Barguet et J. Leclant.
Z. Ghoneim est le premier à gauche
Son retour sur le site de Saqqarah, en 1951, comme directeur des fouilles sera décisif dans sa carrière scientifique : il y met au jour des vestiges présentant des ressemblances architecturales avec la pyramide de Djéser. Il identifie ainsi cette autre pyramide à degrés (inachevée) comme étant celle de Sekhemkhet, quatrième souverain de la IIIe dynastie.
Les fondations et le centre de la nouvelle pyramide à degrés, formant un carré mesurant approximativement 120 m. de côté, furent bientôt mis à jour, écrit Zakaria Ghoneim dans une relation très détaillée de sa découverte. Cette base est plus grande que celle de la Pyramide de Zoser. Dans son état inachevé, cet édifice qui est une pyramide tronquée a une hauteur maximum d'environ 7 m. Il y a cependant des raisons de croire qu'il avait originellement plus de 10 m. de haut et qu'il a été réduit à sa hauteur actuelle par les emprunts faits à ses pierres par les carriers dans les temps ultérieurs. Aucune trace de revêtement extérieur n'a été découverte et l'on peut présumer que seul le centre de la construction a été commencé et qu'elle n'a jamais été achevée. C'est une bâtiment carré, formé de lits superposés, composé probablement de 14 épaisseurs de maçonnerie, qui diminuaient en hauteur du centre vers l'extérieur et qui s'appuient à un nucleus central à un angle variant entre 71 et 75 degrés ; les faces forment un angle droit avec les lits. Les faces d'accroissement furent laissées à l'état brut. En supposant que chaque paire de ces épaisseurs était destinée à former un degré, comme c'est le cas dans la Pyramide de Zoser, nous pouvons inférer que la nouvelle pyramide était destinée à avoir 7 degrés au lieu des 6 que compte celle de Zoser. Si cette pyramide avait été terminée, elle aurait probablement atteint une hauteur de 70 m.


Au cours des fouilles qu’il poursuit sur le site jusqu’en 1956, avec une suspension de mai 1952 à novembre 1953, l’archéologue fait d’importantes découvertes : une longue tranchée ouverte creusée dans le roc, en plan incliné, et renforcée par des murs de soutènement massifs ; plusieurs mètres cubes d’ossements et restes d’animaux ; des bijoux, dont “une petite boîte pour cosmétiques en or, travaillée en bosse et ayant la forme d'un coquillage” ; de la vaisselle et des jarres “dont les bouchons d'argile portaient une marque imprimée avec un sceau cylindrique et qui révèle le nom d'un roi jusqu'ici inconnu : Sekhem-Khet”...


La plus importante découverte reste à venir : dans une grande chambre taillée dans le roc au centre de la pyramide, “se trouvait un magnifique sarcophage d'albâtre translucide, veiné, de couleur or pâle. Il a 2 m 37 de long, 1 m 04 de large et 1 m 08 de haut. Le sarcophage, soigneusement examiné se révéla être intact.
Une ultime surprise attend toutefois l’équipe de fouilles, encouragée par Gamal Abdel Nasser en personne : “Lorsque le sarcophage a été ouvert, raconte Zakaria Ghoneim, il se révéla vide. Il semble évident qu'il n'a jamais été utilisé pour le véritable enterrement du roi, tous les indices prouvant que la tombe n'a pas été pillée. Le sarcophage est presque certainement un cercueil symbolique, qui était utilisé pour une cérémonie funéraire symbolique au cours de la fête de Heb-sed. Ayant été placé au centre de la pyramide, position normale pour la vraie tombe, ce sarcophage pouvait avoir pour but, également, de décevoir les voleurs de sépulture.

On peut imaginer la déception de l’archéologue, de son équipe et de l’assistance ! Mais les recherches n’avaient pas été vaines pour autant, puisqu’elles avaient identifié une pyramide jusque-là inconnue, ainsi que le nom d’un souverain de la IIIe dynastie “dont l'existence n'était mentionnée que par des inscriptions découvertes dans le Sinaï au début du XXe siècle”.

masque de Ka-Nefer-Nefer
Ghoneim a par ailleurs trouvé, sur le site de Saqqarah, le masque funéraire de Ka-Nefer-Nefer, une noble de la 19e dynastie. Après avoir été entreposé à Saqqarah, puis au musée du Caire, ce masque été transporté à Tokyo pour une exposition… qui n’aura jamais lieu ! Il est alors retourné à Saqqarah, puis envoyé en 1966 au laboratoire de conservation du département des antiquités rattaché au Musée égyptien. Déclaré manquant lors d’un inventaire effectué en 1973, on le retrouve en 1998 au St. Louis Art Museum - USA, ce musée l’ayant acquis de Phoenix Ancient Art (appartenant aux frères Abouttam, condamnés depuis lors, pour contrebande, à des peines de prison en Égypte).
L’”affaire” n’est toujours pas close… même si l’Égypte revendique la propriété du masque, qui aurait donc été volé, tout en disculpant Ghoneim d’une quelconque responsabilité dans sa “disparition”.


Zakaria Ghoneim présente le sarcophage d'albâtre
à Jefferson Caffery, ambassadeur des États-Unis
En novembre 1958, Zakaria Ghoneim est nommé directeur du Musée du Caire. Mais il n’occupera cette fonction que peu de temps. Accusé - à tort tiendra à préciser Jean-Philippe Lauer -, de vol et de contrebande d’antiquités, et ayant dû se soumettre à divers interrogatoires de la police, il ne peut supporter pareil outrage : le 12 janvier 1959, “dans de mystérieuses circonstances”, on retrouve son corps noyé dans les eaux du Nil au Caire.
Après cette dramatique disparition de l'égyptologue, les fouilles qu’il a entreprises seront poursuivies et complétées par les travaux de Jean-Philippe Lauer avec lequel Zakaria Ghoneim reste, par-delà le temps, associé, ces deux archéologues ayant offert, selon les termes de la présentation d’un programme de recherche proposé par l’ambassade de France au Caire, à la fois “par leurs travaux de terrain et leurs publications, une contribution majeure à l’histoire de l’architecture des pyramides”.


Extraits de La pyramide ensevelie, M.Z. Goneim, traduction de l'anglais par Françoise Noël, 1957

"Nous ne pouvons relater ici que les grandes lignes du processus de construction. Mais encore faut-il rappeler ce qu’on sait aujourd’hui de l'organisation du travail et de l’enchaînement des opérations. Sans vouloir exposer à mon tour une théorie personnelle sur la manière dont ont été transportées et mises en place les pierres énormes des pyramides les plus récentes, je dirai qu’aucune raison ne permet de croire que les Égyptiens aient jamais été en possession de moyens mécaniques plus perfectionnés que le levier, le rouleau et le plan incliné. Il y a même peu de
chances de pouvoir prouver qu’ils aient connu la poulie. Engelbach émet l’hypothèse que les pierres étaient traînées à bras d'homme et qu’on les faisait glisser dans une sorte d’ornière de mortier liquide qui servait de lubrifiant. Il pense aussi qu’on achevait de les polir et de les mettre en forme sur place. Aucune figuration de poulie ou de treuil n’a jamais été relevée dans les peintures ni dans les bas-reliefs. On n’a pas non plus réussi à discerner sur aucune pierre des traces de griffes ou de traits qui eussent révélé un système de traction. On sait d’autre part que même les vergues des bateaux égyptiens étaient hissées d'en bas et non point tirées. (Seule exception : le grand monolithe qui servit à boucher le passage de la chambre sépulcrale dans la tombe du Sud qui fait partie de l’ensemble de Djeser et sur laquelle je reviendrai.
On l’a très certainement soulevée et déposée à l’aide d’une corde qui passait par une poutre et permettait la suspension. Mais cela se passait à l'intérieur et rien ne prouve que l’on sût faire usage de supports de ce genre dans des chantiers extérieurs.)
Ces problèmes ne se posent pas pour nous dans les pyramides de la IIIe dynastie, dont les pierres sont petites et pouvaient parfaitement être transportées par deux hommes.
Parlant plus haut de l'extraction et du transport des pierres, j’ai laissé entendre que les hommes qui effectuaient ce travail étaient organisés en équipes ou corporations bien définies. Il est probable qu’une vaste et méticuleuse organisation administrative a seule permis l’ordre et la régularité d’une exécution qui dépendait essentiellement de la main-d'oeuvre.
Il fallait une véritable armée de scribes pour établir la comptabilité du matériel, pour marquer et suivre chaque élément, sans oublier de veiller à l'entretien alimentaire et domestique de cette foule d’ouvriers : carriers, artisans et autres qui s’activaient sur les chantiers."


Sources

Ambassade de France au Caire : "Le programme Lauer-Ghoneim"

Ève Gran-Aymerich, Les chercheurs du passé - 1798-1945, CNRS éditions, 2007
"Three Generations of Egyptian Archaeologists"

"Les grandes découvertes archéologiques de 1954" (Cealex)


"About Egyptian Pyramids", by Jimmy Dunn writing as Alan Winston

"The mask of no return", by Nevine El-Aref


 
"The Mask of Kanefernefer" - SCA

vendredi 23 février 2018

Le "secret" de l'alignement des pyramides, selon Glen Dash

"Trois pyramides égyptiennes, dont l'imposante pyramide de Khéops (138 mètres de haut), édifiées il y a 45 siècles, sont presque parfaitement alignées sur les quatre points cardinaux. Mais comment les architectes de l'époque ont-ils réussi des alignements avec une précision de plus de quatre minutes d'arc (soit un quinzième de degré) ? La question intrigue les archéologues depuis plus d'un siècle. De son côté, Glen Dash, un ingénieur qui participe à des recherches archéologiques sur le plateau de Gizeh, pense avoir trouvé la réponse." (Futura Sciences)



mercredi 21 février 2018

Le chantier de la Grande Pyramide, selon Marco Virginio Fiorini

"Pyramidales" a déjà présenté, en plusieurs étapes, les travaux de l'architecte italien Marco Virginio Fiorini.

Il propose aux lecteurs de ce blog/pyramidothèque de découvrir une synthèse de son travail en mettant à leur disposition son ouvrage Nel cantiere della Grande Piramide - Gli architecti egizi svelati (Ananke, 2012).
Qu'il soit remercié pour la confiance qu'il manifeste à notre publication.

"Il se peut que les Égyptiens aient construit ce spectaculaire édifice avec une technique que nous ne découvrirons jamais mais ce qui me réjouit, c’est de penser que, s’ils avaient utilisé le Système de la Pyramide Interne, que je viens de décrire, ils auraient pu réussir car ce système correspond parfaitement à leur niveau de civilisation et aux connaissances techniques qu’ils avaient à cette époque." (Marco Virginio Fiorini)

mercredi 31 janvier 2018

Le "système constructif des pyramides" selon Pierre Crozat


Pierre Crozat propose aux lecteurs de "Pyramidales" un condensé de ses recherches scientifiques jusqu’à ce jour.
Il résume son propos en ces termes :
"Depuis bientôt 5000 ans qu'elles furent édifiées, le mode de construction des pyramides d'Égypte demeure, aujourd'hui encore, une véritable énigme, que les technologies contemporaines sont incapables de résoudre. Les théories avancées jusqu'à ce jour par les différents auteurs s'opposent et ne sauraient satisfaire pleinement le praticien de l'art de bâtir. Aucune n'offre une approche véritablement scientifique, technique et opératoire, pas plus qu'un quelconque élément de preuve tangible." 

D'où le "défi" qu'il s'est lancé à lui-même, sur le Plateau de Gizeh, lors d’un voyage touristique familial en 1990. : "Si je devais construire une pyramide : comment ferais-je ?"  

Puis il poursuit :
"Dans cet article sera développée la méthode de construction des grandes pyramides lisses de la IVème dynastie, essentiellement les trois pyramides de Gizeh et particulièrement celle de Khéops, la plus "énigmatique" du fait de ses dispositifs intérieurs, en fait paradoxalement la plus "révélatrice" du "Système constructif des pyramides". Il sera complété par la suite de mes recherches : thèse, études postdoctorales, etc."

"La description fournie par Hérodote, aujourd'hui écartée parce qu'incomprise, ajoute Pierre Crozat pour synthétiser son développement, s'avère technique, précise, exacte. Elle est corroborée par la modélisation, l'expérimentation et l'observation, et redonne toute leur valeur aux observations de R. Lepsius et aux intuitions d’A. Choisy. Ce mode de raisonnement permet de situer les grandes pyramides lisses à l'intérieur d'un "continuum technique", dès le premier épierrement agricole du néolithique, basé sur une méthode universelle de construction dite "d'accrétion - exhaussement" qui génère, ordonne et formalise l'ensemble des édifices tumulaires, y compris les pyramides à degrés, dans le temps et dans l'espace.
Cette approche est novatrice et prédictive, qui consiste donc, pour l'essentiel, à la mise en évidence des questions pratiques et des réponses apportées par les différentes disciplines scientifiques, techniques et opératoires, et leur mise en corrélation, au travers d'une vision généraliste, logique et cohérente de 'l'Art de bâtir'.
"


mercredi 17 janvier 2018

La mission ScanPyramids - suite envisagée : le mini-robot ; nouvelles recherches avec les détecteurs de muons

Le mini-robot qui pourrait compléter les recherches et découvertes de la mission #ScanPyramids 


Sur ce sujet, l'article de "Live Science"  "What's Hiding Inside Egypt's Great Pyramid ? Tiny Robots May Find Out", by Owen Jarus, January 16, 2018

Extraits de cet article :
"Scientists plan to conduct more muon testing in the Great Pyramid; and they are developing robots that may be able to enter the smaller void and peer inside using a high-resolution camera.
Currently, the scientists know little more about the larger void than its length. "There is a big difference if the [larger] void is horizontal or if it is inclined," said Mehdi Tayoubi, the president and co-founder of the Heritage Innovation Preservation Institute, one of the institutions involved with the Scan Pyramids project. If the larger void is inclined, for instance, it could be a large passageway like the grand gallery, Tayoubi explained. On the other hand, if the void is horizontal, then it could consist of one or more chambers. Additionally, it's possible that the smaller void, which scientists already know consists of a corridor, could have linked up to the larger void in ancient times, Tayoubi said.
To gather this information, the researchers will set up muon detectors in spots in the Great Pyramid that have yet to be investigated, including a series of so-called relieving chambers, which are located near the larger void. The relieving chambers are located above the king's chamber — a chamber that holds a sarcophagus that many archaeologists believe was used to bury Khufu. These chambers may have been constructed to take pressure off the ceiling of the king's chamber, preventing the ceiling from collapsing (hence, their name).
"



Le ministère des Antiquités égyptien doit évidemment donner son approbation préalable à l'utilisation de robots, car leur utilisation supposerait le percement d'un trou qui endommagerait légèrement la pyramide.

"Nous travaillons dur pour obtenir un robot aussi fiable que possible, et nous espérons que nous pourrons convaincre le ministère des Antiquités que c'est la technologie la plus appropriée pour la prochaine étape", a déclaré Jean-Baptiste Mouret, chercheur à l'INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique).

Quant à Mehdi Tayoubi, président et co-fondateur de HIP (Heritage Heritage Preservation Institute), il a souligné que "l'exploration robotique n'est pas l'objectif immédiat du projet ScanPyramids, mais plutôt quelque chose qui pourrait être envisagé dans le futur".

lundi 15 janvier 2018

L’interprétation "hautement spéculative" du "Grand Vide" de la pyramide de Khéops par Giulio Magli

C’est peu dire que la pyramide de Khéops n’a pas encore livré tous ses secrets.
Un grand pas dans la connaissance de cette “Merveille” a toutefois été accompli récemment grâce aux découvertes scientifiques de la mission #ScanPyramids qui ont débouché notamment sur la révélation d’un “Big Void”, surplombant la Grande Galerie, dont la configuration exacte et la (ou les) fonction(s) reste(nt) encore à déterminer.

#ScanPyramids
La porte est donc de nouveau ouverte aux conjectures ou “explications”... quoi que puisse prétendre un certain héraut pontifiant de l’égyptologie pour qui le débat n’a pas lieu d’être. Ou du moins est chasse gardée, car devant inéluctablement déboucher sur sa propre vision de la chose pyramidologique !

Quel est donc le rôle de l’imposant espace vide récemment découvert dans les entrailles de la Grande Pyramide ?
Un chercheur italien a son idée sur la question : Giulio Magli, astrophysicien et professeur d'archéoastronomie au Politecnico di Milano, dont la théorie a été maintes fois relayée ces derniers temps dans la presse et les médias sociaux.
Selon lui, l’espace vide au dessus de la Grande Galerie pourrait abriter un trône en métal récolté à partir de météorites extraterrestres, destiné à l’usage exclusif du pharaon Khéops. Pour étayer cette théorie, il fait référence à des textes anciens relatifs aux rites funéraires égyptiens, selon lesquels le pharaon doit “passer les portes du ciel et s’asseoir sur son trône de fer avant de pouvoir atteindre les étoiles du nord”.
Des quatre conduits étroits, au coeur de la pyramide, orientés vers le ciel étoilé, deux débouchent sur des portes scellées, en direction du nord et du sud. Selon Magli, l’une de ces portes (celle du conduit orienté nord) pourrait mener au “Big Void” et donc à l’espace funéraire abritant le trône du pharaon.
Illustration Giulio Magli
Voici de larges extraits de la théorie de Giulio Magli, telle qu’il l’a publiée sur ArXiv (archive de publications électroniques dans les domaines de la physique, l'astrophysique, des mathématiques, de l'informatique, des sciences non linéaires et de la biologie quantitative) :

The Great Pyramid is endowed with architectural elements which are purely symbolic, related only to the ideas on the afterlife. In particular, there are four long and complex shafts which cannot be accessed by human beings for the simple reason that they are two small. They start from the Queen and from the King's chamber and point towards the north and south faces. The upper channels, coming from the King's chamber, exit on the faces, the lower channels stop on suitably built doors endowed with copper handles. Four out of four channels are aimed to the stars mentioned in the funerary spells known as Pyramid Texts (PT) as destinations in the sky for the dead king : the circumpolar stars in the north, Sirius and Orion at culmination in the south. (...)
Besides the orientation of the channels, another example is the very presence of the doors at the end of the Queen's chamber shafts. Indeed, they probably are a materialization of those “doors of the sky” which are frequently cited in the texts, and it is extremely likely that the Queen's chamber in itself is the place where a statue of Khufu was placed, in order to perform on it the ceremony of the Opening of the Mouth, (...) essential for making the “spirit” of the Pharaoh able to survive death and to go in the sky crossing these doors. (...)
It appears therefore that, after crossing the “doors of the sky” the king will seat on an “iron throne”. Many other, similar utterances mention the same process, and some also specify that the king will sit on the throne after crossing specifically the northern doors and that a stairway gives access to the throne. (...)
If Khufu's Iron throne is really located in the newly discovered chamber, it was put in place during the construction of the pyramid and never accessed since. It may well be located at the central end of the void, which, according to the prospection, lies directly on the vertical axis from the apex of the pyramid, crossing the end of the Great Gallery, the so-called “big step” and the Queen's chamber underneath. The chamber might thus be a non-functional copy of the Great Gallery, with an ascending staircase and the throne at the uppermost end. However, if we admit this hypothesis, how was Khufu spirit meant to access the chamber ?
The answer seems quite natural : trough a symbolic door, precisely the door located at the end of the northern lower shaft. This shaft has been explored two times ; the first time, by Rudolph Gantenbrinck, whose robot however was unable to negotiate a bend which occurs after a few meters, and a second time in a an exploration carried out by National Geographic. The results of this second exploration have never been published, but news reports show that the team was able to reach the end of the shaft and photographed a door analogue to the one of the southern shaft ; they also said that the length of the shaft is roughly equal to that of the other lower shaft. Basing on this scant information, the end of the shaft can be estimated to be over the beginning of the Great Gallery (...) It may, therefore, be connected with the lower-most end of the sealed chamber.


Et Giulio Magli de conclure, en soulignant que sa théorie est “hautement spéculative”, tout en ayant un avantage sur les théories pseudo-scientifiques : “Pour le moment, les prospections sont trop approximatives pour nous permettre une conclusion définitive ; cependant, les informations existantes - ainsi que ce que nous savons de la religion funéraire de l'Égypte ancienne - suffisent à tenter d'expliquer le vide détecté à l'intérieur de la pyramide de Khoufou. Il apparaît en effet que ce vide n'est pas dû à un défaut de construction, ni ne peut être interprété comme une caractéristique structurelle telle qu'une chambre de revivification.
À mon avis, le vide correspond à une "copie" non fonctionnelle de la Grande Galerie commençant à la sortie du puits inférieur nord et construite pour contenir un objet symbolique situé sous le sommet de la pyramide. Cet objet pourrait être un trône doté de feuilles de fer météoritique, conformément à certains passages de la "Résurrection" des Textes des Pyramides.


Source : “A possible explanation of the void discovered in the pyramid of Khufu on the basis of the pyramid texts”, Giulio Magli, ArViv


lundi 8 janvier 2018

Le "chant" de la Grande Pyramide, par Andrea Vitussi

Une expérience empirique "émotionnelle", qui a demandé plusieurs années pour être réalisée.

samedi 6 janvier 2018

À quoi servaient vraiment les quatre petits conduits dans la Grande Pyramide ? selon Philippe Lheureux

À quoi servaient vraiment les conduits qui partent de la Chambre de la Reine et de la Chambre du Roi dans la Grande Pyramide ? Certains pensent qu'il s'agissait de conduits de ventilation, d'autres y voient des conduits psychiques permettant à l'âme du pharaon de rejoindre les étoiles.
Philippe Lheureux propose son interprétation dans cette vidéo 


mardi 12 décembre 2017

Adolphe Joanne (XIXe s.) : "En vérité les pyramides ont suggéré bien des idées étranges !"

Extraits de Voyage en Égypte et en Grèce, par Adophe Joanne (1813 - 1881), journaliste et homme de lettres français.

Quand nos Bédouins nous eurent si consciencieusement fait connaître l'extérieur de la pyramide, ils voulurent nous en montrer l'intérieur ; et c'est peu-être la partie la plus difficile de leur tâche. On descend avec des bougies dans un couloir étroit où l'on ne peut se tenir debout, et qui a une pente si rapide que si l'on n'était fortement soutenu, on ne pourrait y marcher de pied ferme. Au bout de ce couloir, qui me sembla bien long, est une large excavation où l'on a enfin la joie de reprendre son attitude naturelle. Puis on gravit au haut de cette excavation pour marcher encore le corps courbé en deux, les mains sur ses genoux pour descendre, pour remonter par des passages serrés, dallés, glissants, jusqu'à ce qu'enfin on arrive à une voûte spacieuse, élevée, noire, où l'on aperçoit un sarcophage en pierre, vraisemblablement celui de Chéops.
On nomme cette salle la 'chambre du roi'. Le travail de la maçonnerie est merveilleux, et la lumière agitée des torches est reflétée par un mur du plus beau poli. De cette salle partent deux conduits étroits qui vont aboutir au dehors : on s'accorde aujourd'hui à n'y voir que des ventilateurs nécessaires aux ouvriers pendant qu'ils travaillaient dans le cœur de la pyramide. 
Maillet a fait la supposition bizarre que ces conduits servaient aussi à faire parvenir du dehors des aliments aux personnes qui s'enfermaient pour le reste de leur vie avec le corps du prince. En vérité les pyramides ont suggéré bien des idées étranges ! Selon la judicieuse observation de M. Ampère, tout ce qui fait parler beaucoup les hommes leur fait dire beaucoup de sottises.
Cinq chambres plus basses sont placées au-dessus de la chambre du roi; on a reconnu qu'elles n'ont pas d'autre objet que d'alléger par leur vide le poids de la masse énorme de maçonnerie qui la presse. 
Après avoir visité cette chambre, on redescend la pente qu'on a gravie pour y monter; on retrouve le corridor par lequel on est entré, et, en le reprenant où on l'a quitté, on arrive dans une autre chambre placée presque au-dessous de la première et dans l'axe central de la pyramide; cette chambre s'appelle la chambre de ta reine. Beaucoup plus bas est une troisième chambre taillée dans le roc, et à laquelle on arrive soit par un puits, soit par un passage incliné qui va rejoindre l'entrée de la pyramide.

Telle est la disposition de la grande pyramide ; celle des deux autres est analogue : seulement leur maçonnerie n'offre aucun vide, et les chambres qu'elles renferment sont creusées dans le roc. Devant ces simples faits tombent beaucoup d'hypothèses sur la destination des pyramides.
Ce n'est que de notre temps qu'on a mesuré exactement les pyramides. La grande pyramide avait dans son intégrité 451 pieds, selon les mesures prises par les savants de l'expédition d'Égypte. C'est à peu près le double de la hauteur de Notre-Dame. Le temps a diminué de 24 pieds cette élévation totale. Sauf un petit nombre de chambres, deux couloirs et deux étroits soupiraux, elle est entièrement pleine. Les pierres dont elle se compose forment une masse véritablement effrayante. Cette masse, d'environ 25 millions de pieds cubes, pourrait fournir les matériaux d'un mur haut de 6 pieds qui aurait 1,000 lieues et ferait le tour de la France. 
Quand on a contemplé quelque temps ces masses, on se demande naturellement par quel moyen on a pu élever avec tant de régularité des centaines d'assises de 200 pieds cubes et du poids de 30 milliers. On admet assez généralement que les matériaux ont été empruntés aux carrières de Thourah, de l'autre côté du Nil. Mais le procédé par lequel a pu s'accomplir ce prodigieux travail est encore une question controversée. "Jusqu'à nouvel ordre, assure M. Ampère, le plus vraisemblable est d'admettre avec quelques restrictions le récit d'Hérodote."

La grande pyramide, qui au dehors ne présente aucun hiéroglyphe, en offre au dedans un bien petit nombre ; mais ils sont d'une haute importance, parce qu'ils confirment le témoignage des anciens qui attribuent cette pyramide à un roi nommé Chéops ou Souphis. Or, le nom d'un roi Choufou est écrit en hiéroglyphes très distincts dans l'intérieur de la grande pyramide. Personne ne doute que Chéops et Souphis ne soient deux altérations diverses de Choufou. Ce nom n'a point été trouvé dans la salle des sarcophages, mais dans les petites chambres de soulagement situées au-dessus.

La seconde pyramide diffère peu en hauteur de la première. Cette différence est rendue encore moins sensible par l'élévation plus grande du rocher sur lequel elle est assise. Mais la construction intérieure est bien loin d'égaler en beauté celle de la grande pyramide. L'entrée en fut découverte, comme on sait, par Belzoni, qui montra en cette circonstance, comme toujours, une sagacité et un coup d'oeil incomparables. Selon Hérodote, elle fut construite par le roi Chéfren. On n'a pas été aussi heureux pour Chéfren que pour Chéops ou Souphis ; on n'a pas trouvé son nom dans la pyramide, mais dans l'un des tombeaux voisins on a lu Chafra, et ce nom royal est accompagné d'un titre hiéroglyphique où figure une pyramide ; on a donc tout lieu de croire que ce Chafra est le Chéfren d'Hérodote et de Diodore de Sicile.

La plus petite des trois pyramides, dont la hauteur n'atteint guère que le tiers de la plus grande, n'est pas la moins curieuse. D'abord elle était la plus ornée. Son revêtement était de granit, comme l'affirme Hérodote, et comme on le voit encore. Mais ce qui lui donne un immense intérêt, c'est qu'on y a trouvé le cercueil en bois du roi Mycerinus, par qui elle fut construite, suivant Hérodote, et le nom de ce roi écrit sur les planches du cercueil. "On ne saurait, dit M. Ampère, imaginer une plus belle application de l'interprétation des hiéroglyphes et une preuve plus éclatante de la réalité du système de lecture de Champollion. Tout le monde peut voir au musée de Londres ces planches monumentales qui offrent la plus ancienne inscription tracée par les hommes. Des ossements trouvés à l'entrée de la chambre où était ce cercueil sont probablement ceux du roi égyptien. Pour le tombeau en pierre, après avoir survécu à tant de siècles, il a péri dans la traversée. Si l'on adopte, ajoute le même écrivain, la série historique de Manéthon, dont l'étude des monuments et la lecture des hiéroglyphes ont jusqu'ici confirmé les témoignages, il faut avec M. Lenormant, qui le premier a fait connaître à la France ce monument et en a révélé toute l'importance, admettre pour le cercueil de Mycerinus une antiquité de quarante siècles au moins avant l'ère chrétienne. Or, les caractères hiéroglyphiques dont se compose l'inscription du cercueil et les formules religieuses qu'elle contient sont entièrement semblables à ce qui se lit sur des tombeaux qui appartiennent au temps des derniers Pharaons. Dans cet immense intervalle, l'écriture et la religion égyptienne n'ont donc pas essentiellement changé ; du reste, les inscriptions hiéroglyphiques et les peintures qu'on trouve dans les tombeaux contemporains des pyramides confirment cet étonnant résultat... La conclusion est qu'il faut arriver à reconnaître, comme je l'ai entendu dire à un savant fort orthodoxe, qu'il n'y avait pas de chronologie dans l'Écriture."

mercredi 6 décembre 2017

Florence Tran réalisatrice de "Kheops, mystérieuses découvertes"

Crédit photos : Florence Tran - Bonne Pioche
C'est à Florence Tran que nous devons le merveilleux et incroyable film qui nous a plongés au cœur de la mission ScanPyramids : "Kheops, mystérieuses découvertes" ! Florence est une jeune et talentueuse réalisatrice, plusieurs fois primée pour ses documentaires. Cette grande voyageuse a souvent posé sa caméra en Égypte. On lui doit notamment "Kheops révélé", au cours duquel l'architecte Jean-Pierre Houdin présente sa vision du chantier de la construction de la grande pyramide. Dans "Une arme de choix", elle recueille les témoignages de jeunes cinéastes égyptiens - hommes et femmes - qui confient leur perception d'une société en transition au cours de la révolution du 25 Janvier. Dans "Le Lac Nasser, l'eau au cœur du désert", elle aborde le nouvel écosystème induit par la création de cette immense étendue d'eau artificielle.
Depuis deux ans, caméra au poing, elle suit, avec son équipe, la mission ScanPyramids. De Paris au Caire, de Nagoya à l'Université de Laval (Québec), de Guizeh à Dashour, des bureaux de recherches aux couloirs étroits des pyramides, des conférences de presse aux moments de doute ou d'espoir, Florence restitue l'ambiance d'une mission de recherche qui utilise les moyens du XXIème siècle pour décrypter les techniques de construction d'un monument qui nous éblouit autant qu'il nous questionne…
Un amical merci à Florence d'avoir accepté de répondre à nos questions.

Égypte actualités : Après une projection en avant-première de votre film le 22 novembre dans les locaux de France Télévision, "Kheops, mystérieuses découvertes" a rassemblé 1,4 million de spectateurs sur France 5 le mardi 28 novembre 2017 : que ressentez-vous ?

Florence Tran : Je suis heureuse que le film touche une audience aussi large et que nous ayons pu initier le public à cette technique particulière qu'est la muographie et la physique des particules. Nous avons vraiment besoin de plus de films scientifiques grand public. C'était donc une chance unique de pouvoir suivre la mission ScanPyramids, de rendre compte de cette approche transdisciplinaire de cette alliance entre les technologies du futur mise au service de la résolution de l'un des mystères les plus anciens.

Muographie - pyramide de Kheops - Crédit photo : Bonne Pioche
Ce qui m'étonne particulièrement c'est que nous ayons réussi à ce que le public, même jeune, reste accroché pendant 90', que les fins connaisseurs de la mission et de la pyramide de Kheops ont aussi aimé et que les scientifiques de la mission étaient aussi heureux et étonnés du résultat, malgré toutes les "simplifications" que nous avons dû faire pour rendre leur travail accessible. Pas simple en général de rassembler autant de publics très différents avec des attentes qui peuvent être très éloignées.

ÉA : Des équipes internationales travaillent dans le cadre de "ScanPyramids", mission d'une technicité inégalée jusqu'alors. HIP, initiateur et coordinateur du projet, Nagoya University, KEK Japan, l'Université de Laval au Québec, la faculté des ingénieurs du Caire , le CEA, etc, … : comment restituer justement la place et le rôle de chacun ?

Hany Helal et Mehdi Tayoubi (HIP) - Crédit photos Bonne Pioche
FT : L'institut HIP, Mehdi Tayoubi et Hany Helal ont su coordonner toutes ces équipes scientifiques, les aider à dialoguer entre elles quand c'était nécessaire et les protéger aussi des difficultés sur le terrain. Donc chaque équipe était autonome dans son travail scientifique mais toutes ont dû aussi être à l'écoute les unes des autres, confronter leurs résultats, accepter les critiques, vérifier tous les biais éventuels, surmonter les irritations des égos des uns et des autres, faire preuve de beaucoup de patience et de ténacité. Chacun a dû lâcher du lest et c'est un processus qui a été assez initiatique pour tous je pense. Au final la réussite de ScanPyramids ne tient qu'à cet immense travail d'équipe. S'il n'y avait pas eu cette solidarité entre eux, la mission aurait échoué.

ÉA : Pour travailler avec ces scientifiques de très au niveau, pour bien restituer leur travail, il vous faut apprendre, comprendre les techniques mises en œuvre, comme les infrarouges, les muons, etc. Non seulement cela demande beaucoup d'attention, mais également une aptitude à ensuite les "vulgariser" et les rendre accessibles… : un exercice difficile ?

FT : Oui cela n'a pas été simple, mais j'ai été aidée dans ce processus par les monteurs, les producteurs et les responsables de la "case" Science Grand Format. Ils avaient plus de recul que moi à un certain moment. Donc j'ai aussi écouté et dialogué avec eux. Si eux ne comprenaient pas, c'est qu'il fallait changer quelque chose. Ce n'est pas le type de film que l'on écrit seule dans son coin, c'est aussi un gros travail d'écoute.

ÉA : Vous avez su admirablement conjuguer images "réelles" et virtuelles : c'est certainement en cela que réside l'originalité de votre film. Il dévoile la mise en œuvre des techniques les plus sophistiquées et les plus pointues pour tenter de comprendre les prouesses techniques de la construction de la grande pyramide et la présence éventuelle d'espaces jusqu'alors non identifiés. Une fois encore, un exercice difficile ?

FT : La 3D du film a été faite en grande partie par Pierre Gable et l'équipe d'Emissive (qui font aussi partie de la mission). Je tiens vraiment à rendre hommage à Pierre Gable pour son travail formidable. Je pense que c'est l'un des meilleurs connaisseurs de l'architecture de la pyramide de Kheops aujourd'hui, tellement il l'a modélisée sous toutes les coutures. On a l'habitude de travailler ensemble mais là, pour ce film, j'ai été avec lui encore plus exigeante. Parfois nous étions vraiment fatigués de refaire une énième "passe" sur les plans 3D. Il fallait arriver à quelque chose de précis architecturalement et scientifiquement parlant mais aussi avec beaucoup de poésie et d'élégance. Je tenais beaucoup à cet aspect un peu magique et lumineux pour les plans 3D.

L'aspect magique et lumineux des plans 3D - Crédit photo Bonne Pioche
ÉA : Vous nous offrez des prises de vues magnifiques de la grande pyramide, vous la survolez, vous entrez dans son intimité : que ressentez-vous face à ce monument d'éternité qui ne laisse pas si facilement dévoiler ses secrets ?

FT : Je dois avouer que plus je passe de temps dans ces pyramides, moins je les comprends. Comme au premier jour où je les ai vues (c'était en 2002) je suis sidérée par la démesure de l'entreprise. Je me demande "mais quelle foi incroyable les a motivés pour construire une telle montagne de pierre ?" J'aimerais me transporter dans le temps et voir comment ils ont fait. En fait je suis fascinée par la façon dont les anciens Égyptiens percevaient le monde, leurs rituels, leur religion, cette obsession pour le monde de l'au-delà et cette quête effrénée d'immortalité. J'aimerais faire un film sur la question un jour. Là ce n'était pas le sujet, mais il y aurait beaucoup à dire…
Après je pense que ma relation avec l'Égypte et les pyramides est de l'ordre du sortilège.
Il y a un vieux dicton égyptien qui dit "une personne qui boit et goûte ne serait-ce qu'une seule fois à l'eau du Nil, cette personne, aussi loin qu'elle parte ou qu'elle voyage, cette personne reviendra toujours sur les bords du Nil." Je me demande si ce n'est pas le cas aussi pour les personnes qui s'approchent de trop près des pyramides, s'il n'y a pas une force magnétique, qui vous ramène toujours à elles. Il faut faire attention, ça peut-être dangereux... Ça peut vous prendre beaucoup de temps dans l'espace d'une vie, c'est extrêmement chronophage. Donc il faut s'éloigner d'elles et faire d'autres choses aussi !


ÉA : Les circonstances du tournage ont-elles été difficiles ? particulières ? Avez-vous pu filmer TOUT ce que vous souhaitiez COMME vous le souhaitiez … et la question que nous nous posons tous, peut-on espérer voir une suite ?

FT : Évidemment je n'ai pas pu tout filmer ni tout raconter. Oui les tournages ont été parfois difficiles. Comme j'ai vécu 3 ans en Égypte, j'ai la chance de bien connaître le terrain, d'avoir une équipe de tournage égyptienne sur place en qui je peux faire confiance, qui m'a protégée de bien des situations compliquées. Les tournages ont été à géométrie variable, parfois j'avais une grosse équipe, parfois j'étais seule, parfois mon équipe égyptienne assurait le suivi sur place, parfois un cameraman français nous rejoignait, parfois c'était l'équipe japonaise qui faisait le suivi et pour l'escalade nous étions là, tous ensemble... 

Florence Tran avec le Dr Morishima
dans l'encoche arête N-E de la pyramide de Kheops
Il y a eu un gros travail de coordination entre l'équipe japonaise et l'équipe franco-égyptienne, car nous avions aussi des tournages en France et au Japon. Avec évidemment des habitudes de travail et de styles différents, mais cela s'est très bien passé de ce côté-là. La collaboration a été assez fluide. Nous étions tous d'accord pour respecter au maximum le travail des scientifiques, ne pas être trop invasifs, ne pas les déranger trop. Il fallait d'abord que la mission se passe au mieux ! C'était la priorité ! On était solidaires avec eux, face à l'adversité !
Nous espérons tous qu'il y ait une suite mais là, à l'heure qu'il est, ce n'est plus une question scientifique, c'est une question politique et médiatique. La logique voudrait que la mission puisse continuer et qu'une équipe internationale menée par des Égyptiens puisse passer à l'étape suivante : percer un trou de 3 cm de diamètre et envoyer un minuscule robot faire une reconnaissance dans la cavité détectée derrière les chevrons.
Combien de temps cela va t-il prendre ? C'est une décision politique qui n'appartient qu'aux responsables égyptiens.
Si cela se passe, il faut aussi lever des fonds pour la suite... Il faut savoir que beaucoup de personnes ont travaillé en partenariat de façon bénévole, sans compter leur temps, par passion, par fidélité à ce projet qui a été initié il y a plus de 5 ans. Ce n'est pas du tout une mission qui roule sur l'or, bien au contraire. Et cela rend leur travail à tous d'autant plus honorable.


Propos recueillis par Marc Chartier & Marie Grillot



Revoir le film en vidéo (payante) : cliquer ici 

mardi 7 novembre 2017

ScanPyramids 2017




Lire l'article de Sarah Sermondalaz "Voyage au coeur de la pyramide de Khéops grâce à la réalité virtuelle", dans Sciences et Avenir du 7 novembre 2017

Un communiqué de Pierre Crozat (novembre 2017)


Pierre Crozat porte à la connaissance des lecteurs de "Pyramidales" le communiqué suivant qui fait le point de l’avancement de ses recherches scientifiques, techniques et opératoires, suite à sa thèse "Le génie des pyramides" (École des Mines de Nancy en 2002) et à la réalisation de la Simulation 3D de la "paléo-topo-stratigraphie" du plateau de Gizeh, qu'il a présentée lors d’une conférence publique, sous le titre "Construction des pyramides : l’hypothèse géologique", donnée le 26/09/2017 au Cultnat à Smart Village au Caire.

lundi 6 novembre 2017

"Fausse polémique"

La publication récente, par la revue Nature , relative de la découverte, par l'équipe #ScanPyramids, d'un "grand vide" à l'intérieur de la pyramide de Kheops a suscité des réactions très contrastées sur lesquelles Aline Kiner, dans la revue Sciences et Avenir, fait le point dans cet article "Kheops : Fausse polémique autour de la découverte d'une gigantesque cavité dans la grande pyramide".
Pour consulter cet article: cliquer ICI